| Curiosités botaniques : les Arbres |
| Originaire d'une petite ville de l'ouest
français, proche de plaines, de forêts, et de marais, j'ai été familiarisé de bonne
heure avec la flore de ces milieux et en particulier avec tous les arbres courants. J'ai
été naturellement porté à m'intéresser de plus près aux arbres d'ornement au cours
des années 60 après l'acquisition d'une propriété en milieu rural pour y passer les
vacances, où nous avons dû planter abondamment. Ensuite, à partir de 1966 mon bureau se situait à proximité du Champ de Mars à Paris, et j'aimais chaque jour faire une brève promenade après déjeuner parmi les beaux arbres de ce parc exceptionnel. Toujours curieux de tout ce qui m'entoure, je ne tardai pas à me poser des questions sur les arbres rencontrés et à chercher à identifier ceux que je ne connaissais pas. Je notais mentalement certains caractères, et le soir chez moi je tâchais de retrouver l'espèce dans mes livres de botanique. C'est un exercice assez excitant intellectuellement, en plus de l'agrément hygiénique qu'il implique. Par la suite, au hasard de mes déplacements en France ou à l'étranger, j'ai saisi toutes les occasions de mettre à l'épreuve mon petit bagage, et de l'enrichir parfois. Dans les présentes pages je me bornerai à signaler quelques observations faites principalement dans trois parcs de la région parisienne, en incitant vigoureusement le visiteur intéressé à imiter ma démarche et à découvrir par lui-même ce domaine naturel passionnant par des visites de parcs et de forêts combinées avec la consultation d'une littérature botanique courante (livres et revues). Je ne vise ici qu'à " mettre le pied à l'étrier " du visiteur, pas du tout à proposer un cours magistral. Remarques générales Citons quelques exemples. Le tronc du robinier (appelé à tort le plus souvent acacia), chez tout sujet adulte, ne ressemble à aucun autre, c'est un caractère d'identification pratiquement infaillible, qui permet par exemple de déjouer sans hésiter le piège de la variété monophylla* dont les folioles terminales sont développées au point de masquer presque entièrement le caractère habituel principal attaché au feuillage composé du robinier. Par le feuillage, les débutants confondront facilement le robinier avec l'arbre très différent génétiquement qu'est le sophora**. Mais le tronc de ce dernier n'a rien de commun avec celui du robinier et permet la différentiation certaine. Beaucoup d'espèces présentent des variations considérables du feuillage selon les variétés : entre autres les noyers, les chênes, les érables, les mûriers, rendant difficile ou risqué l'utilisation de ce caractère. A l'inverse le feuillage de certaines espèces constitue un critère infaillible. C'est le cas en particulier du tulipier de Virginie dont la feuille lobée très particulière est impossible à confondre avec les nombreux autres cas apparemment voisins. Aussi le ginkgo avec ses feuilles à nulle autre pareilles. Au fil des quelques visites de parcs plantés d'arbres de la région, j'ajouterai quelques indications sur les différentes espèces rencontrées remarquables à un titre ou un autre, mais sans chercher à être exhaustif, laissant le soin au visiteur de pousser plus loin l'investigation s'il le désire.
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