PROTESTATIONS


1-

Ce matin 24 mars 2009, j’ai appris par la télévision que le gouvernement français venait de décider d’allouer des indemnités à ceux des « vétérans » de nos expériences nucléaires ayant souffert de certaines maladies, sans qu’un lien de cause à effet ne soit exigé. Et j’ai entendu cette énormité, de la bouche d’un journaliste de la chaîne publique : Pour les premières expériences, les mesures de protection étaient inexistantes.

Inexistantes !!!

L’âne qui avait proféré cette énormité ne faisait qu’extrapoler bêtement la remarque d’un vétéran qui disait : « On nous a juste ordonné de tourner le dos (à la direction du point zéro)».
Explication : Celui qui s’exprimait ainsi était sans doute un des nombreux appelés du contingent employés à la base militaire de Reggane, à 60 Km du Point zéro, le jour de Gerboise Bleue. La météo étant acceptable, avec à l’altitude du nuage un vent fort et stable dirigé Est-Sud-Est, tout risque de retombée sur la base et ses environs se trouviait exclu . Dans ces conditions le seul danger à envisager pour les gens de la Base, était l’éblouissement, que l’on évitait en tournant le dos à la direction du point zéro. Contrairement à l’affirmation inepte de ce journaliste, les militaires et les agents du CEA étaient très avertis des dangers de rayonnement, grâce aux abondantes publications des américains, de quinze ans en avance sur nous. Des équipes très entrainées de secours et de surveillance étaient en place à Reggane et à Hammoudia, qui ont fait face efficacement aux tâches de protection nécessitées par l’opération : Contrôle des doses gamma prises par les aviateurs dans le nuage, escorte jusqu’à 1 Km du Point zéro, qulques heures après le tir, des équipes de collecte des clichés enregistrés dans les deux bunkers des mesures proches, surveillance des opérations très délicates et dangereuses de récupération des filtres des tuyères de prélèvement montées sur les avions Vautours.
Quant aux personnes présentes au poste avancé d’Hammoudia, dont j’étais, elles avaient reçu des consignes très strictes avant l’instant zéro, y compris port des lunettes opaques, yeux fermés, dos tourné, etc. Aucune retombée n’étant envisagée, le masque à gaz était porté en bandoulière, mais disponible en cas de changement inattendu de la trajectoire prévisible du nuage.
Quant aux populations locales, elles étaient toutes trop éloignées du Point Zéro pour redouter autre chose qu’un éblouissement et éventuellement un effet mécanique limité à une secousse des habitations légères. On les avait averties et priées de rester enfermées à l’heure H et ensuite quelques heures. En tous les cas aucune des localités proches ou lointaines n’a souffert de retombées quelconques, et par conséquent ne peuvent se dire victimes de quoi que ce soit du fait de nos expériences aériennes au Sahara. Le journaliste ignorant aurait pu au moins prendre quelques renseignements, sans se contenter de la source unique des vétérans, forcément tendancieuse. L’objectivité est inconnue sur nos chaînes publiques. Pauvre France !!


2-

Un film a été diffusé récemment sur une de nos chaînes publiques, intitulé Gerboise Bleue, et actuellement (mars 2009) projeté en première partie dans les salles de cinéma.
Ce film est un crachat au visage de la France!! Un procès injuste et à sens unique, où notre pays est accusé faussement:

  • d'avoir délibérément exposé des personnels du contingent, à leur insu, à des dangers liés aux rayonnements nucléaires produits par nos expériences au Sahara et en Polynésie, de 1960 à 1995.
  • d'avoir contaminé de larges régions de la moitié nord de l'Afroique (un intervenant parle même de "nouveau Tchernobyl").
Ce film mérite de nombreux commentaires, que j'écrirai et publierai dès que je le pourrai, malgré les maladies graves qui m'handicapent.


Signé : Pierre Billaud